Par Maria Perez – Parti du Travail – présenté à la conférence de presse du 27 octobre 2020

Un projet élitiste au détriment de la diversité culturelle.
Le Parti du Travail qui est en faveur d’une culture populaire voit dans ce projet privé non pas un cadeau à la collectivité, mais une pompe à subventions pour les acteurs culturels les mieux dotés déjà – OSR et la Haute école de musique – au détriment de
l’immense majorité des artistes et associations culturelles de notre canton. Ce projet soutirera chaque année des finances publiques et des budgets culturels existants une dizaine de millions pour son fonctionnement et pour son entretien, alors
même que les budgets actuels sont insuffisants et qu’aujourd’hui le Canton est incapable d’avoir une politique culturelle, laissant pratiquement à la Ville de Genève porter à bout de bras cette mission régalienne.

Non à un ovni de prestige totalement inutile au moment où la crise économique
nous force plus que jamais à établir des priorités.

Ce projet – débarqué de nulle part – ne répondrait absolument pas aux demandes et besoins du monde culturel genevois. La crise due au Covid-19 a crûment mis en lumière la précarité et le manque de reconnaissance d’un nombre important des acteurs culturels, tous arts confondus.
La Cité de la musique accentuerait encore cette précarité et les inégalités entre artistes. On peut aussi se demander le sort qui serait réserver au Victoria Hall, bâtiment public en parfait état de fonctionnement, une fois le projet pharaonique de la Cité de la Musique construit.

Non à un projet destructeur.
La réalisation de ce projet se ferait au prix d’une destruction massive de grands arbres en plein centre de la Genève Internationale.
Comment ne pas comprendre l’importance de ce site “naturel”, emblématique et nécessaire ambassadeur du monde végétal et de la biodiversité, face à l’ONU ?

Non au bétonnage de Genève.
Ce projet s’inscrit dans la politique délirante actuelle de bétonnage et de densification de la ville et des quartiers périphérique. Nous affirmons haut et fort qu’une ville a besoin d’espaces libres pour rester vivable. Dire non à ce projet, c’est s’opposer à la destruction en marche de notre cadre de vie.

Non au bradage du bien commun.
Le Conseil d’Etat a promis de mettre gracieusement à disposition de ce projet près de 10’000 m2 de terrain qui appartient au canton. N’y aurait-il pas mieux à faire de nos ressources pour tenter de répondre aux besoins réels de la population genevoise ?

Non à la démolition de la Villa des Feuillantines.
Nous refusons la démolition d’un ensemble remarquable, la Villa des Feuillantines dans son parc, pour ce projet au service d’une petite minorité des habitantes et habitants de Genève.

Non à un projet de prestige absurde et disproportionné.
Après le Mah+ refusé en votation populaire, cette Cité de la Musique est encore projet de prestige dans l’idée d’une Genève « bling-bling » qui voudrait devenir Monaco sur Léman.
Genève ne doit plus être la ville des nantis, faite par eux pour eux, mais une ville où chaque personne peux vivre une vie décente.

Nous refusons un projet du monde d’avant !